Hidden Folks, le pendant digital de « Où est Charlie ? »

Prendre des petits bouts de trucs et les assembler ensemble, telle aurait pu être la devise de Hidden Folks, le jeu vidéo artisanal de Adriaan de Jongh au game design et de Sylvain Tegroeg à l’illustration.

Hidden Folks c’est le pendant digital de “Où est Charlie ?”, c’est le petit frère qui aurait mieux réussi que son aîné. Le principe simple et diaboliquement efficace du célèbre livre-jeu est ici appliqué en animation soignée et bruitage à la bouche. Et ça fait du bien à l’enfant qu’on est toujours encore un peu.

Animation Hidden Folks

A chaque niveau, une série de cible à trouver, des humains  bien sûr mais aussi des animaux, des objets, des plantes,… Le diable se cache dans les détails, à moins qu’il ne soit derrière ce petit fourré, ou dans ce coffre de toit.

Les détails c’est bien là le nerf de la guerre de nos deux compères. C’est ce qui m’a directement sauté aux yeux : la montagne de détails qui reflète l’immensité encore plus grande du travail accompli. Les mondes sont immenses et grouillent de vie. Jugez par vous même.

Mes oreilles n’étaient pas en reste car le tout est bruité à la bouche môssieur, et spatialisé qui plus est. C’est à dire que vous entendez littéralement ce que vous voyez, ici une ambiance de barbecue, là un camp de bûcheron, et à côté c’est une jungle tropicale qui s’ambiance. Cette spécificité fait partie intégrante du gameplay. En fonction de la cible à trouver, on peut s’imaginer l’environnement dans lequel elle devrait être, et donc de son ambiance sonore… C’est un atout de indispensable pour les obsessionnels du “je trouverai tout avant de passer au monde suivant”.
Less is more qu’il disait, et bien on est pile dedans. C’est du DIY dans son plus simple appareil, et c’est seulement ta capacité d’observation qui est mise à l’épreuve. Hidden Folks, c’est le jeu qui te fais te dire “Mais si ça se trouve, son serpent là, il existe pas…”, et qui te cherche des noises :  “Mais j’entends bien des fuckin’ abeilles là, c’est que son pot de miel devrait être ici bordel !”.

Heureusement, la difficulté est bien équilibrée et on progresse dans les univers pas à pas. D’autant plus que tu débloques le prochain niveau à partir du moment où tu as trouvé au moins environ 75% des objectifs.
Pour ma part, je suis un stressé de la notif, un anxieux du non lu, je veux découvrir les niveaux en entier, c’est pas un cactus vêtu d’un sombrero qui va avoir raison de moi. Mais c’est un vrai dilemme entre l’envie de découvrir la prochaine planche, ses nouvelles animations, ses nouvelles interactions (déterrer des objets, ouvrir des portes, secouer des buissons, couper des herbes, arroser des plantes,…) et débusquer la balle du joueur de golf parce qu’il ne te manque plus qu’elle ! Cette putain de balle me hante encore.

C’est un joli projet qui n’était pourtant pas forcément destiné à ce résultat. L’anecdote veut qu’Adriaan, attiré par le style que Sylvain avait produit pour un rendu de fin d’année, lui a volé son travail et commencé à l’animer de son côté. Une fois un résultat montrable, il envoie le tout à Sylvain qui est séduit et en redemande. De fil en aiguille on arrive à une belle pelote qu’il te reste à démêler.
Je n’ai parlé que d’Adriaan et de Sylvain, mais ils ne sont pas responsable de la totalité de la réalisation. Car un jeu, et surtout indépendant, ça se fait à plusieurs, avec la famille, et les amis pour les tests ou si la chance est au rendez vous, une mini communauté pour prêter main forte. Et il en fallait du monde pour fournir le jeu en 14 langues. Ce qui est beau, c’est qu’ils ont poussé le vice jusqu’à mettre en abyme les crédits. D’habitude on clique à tout va pour passer le traditionnel défilement vertical d’un chiant à mourir, mais ici on tombe sur ça :

Une carte qui représente l’ensemble des personnes ayant participé de près ou de loin au jeu. Malin.

Disponible sur Android ou iOs, pour les plus fous, je l’ai testé sur PC, mais tu le trouveras aussi sur MacOs ou Linux. Conseil d’ami : plus tu auras un écran large mieux tu t’en sortiras. Et si tu termines l’univers désert sur ton smartphone, je t’offre une pinte ! Pour ceux qui auraient de quoi le projeter sur un mur, ça pourrait même se tenter en collaboratif.
Ca sera en tout cas une des bonnes surprises de 2017 (et il nous en faudra), qui fait déjà son esbrouffe sur la toile avec des aparitions dans The Guardian, The Verge, ou Rock Paper Shotgun, … tout en se distinguant en festivals.
Si malgré les mots tu as besoin encore d’une démo, le teaser officiel est là pour toi :

Jouer à Hidden Folks

Clément Procureur
À propos de l'auteur

Tireur de boules et fan de jeux indés.

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