« Comment fait-on pour que les gens se parlent dans un bar ? »

Des jeux pour se rencontrer dans les bars. C’est grâce à cette idée et à la magie des rencontres, que le Social Bar est né en octobre 2016 ! Renaud Seligmann, fondateur, un peu moniteur de cette jolie colo située à côté de Bercy, nous raconte comment on fait pour provoquer la rencontre sans vraiment sans rendre compte.

 

Renaud Seligmann, c’est l’un des pilotes de ce drôle de bar. Ancien coordinateur national du mouvement des entrepreneurs sociaux (Mouves), il a évolué dans l’univers de l’économie sociale et solidaire. En juillet 2015, à la suite d’un repas, il cherche à répondre à la problématique de beaucoup de lieux de la capitale : «Comment fait-on pour que les gens se parlent dans un bar ? ». Le lendemain matin, il pense à une série de défis qu’il pourrait proposer dans des bars. Et au fond, pourquoi pas dans son propre bar ?

Est-ce que je propose ça en animation dans les bars ou est-ce que je monte un bar ? Je ne me sentais pas de monter ça tout seul.

A ce stade, la plupart des gens gardent l’idée dans un coin de leur tête. Mais quelques tournées de comptoirs et une demande en « bariage » plus tard, Renaud avait trouvé toutes les pièces manquantes : quatre associés et un lieu. Très rapidement, ce boulimique de lien social trouve que ce n’est pas assez et lance une vaste campagne de crowdfunding. Au final, il y aura 175 co-patrons.

Les photos des co-patrons

Oui, tout le monde s’est déjà pris à rêver d’avoir son bar. Avoir son verre à son nom, le droit de passer derrière le comptoir, et quelques parts dans cette petite entreprise, voici quelques privilèges que le co-patron a !

Tu démarres un projet avec 175 personnes qui veulent que ça marche et c’est différent.

Oui, le Social Bar est profondément différent. Ce n’est pas un bar où l’on vous dit « bonjour » en venant prendre votre commande. L’accueil commence au moment où vous passez la porte.

Si tu es client du Social Bar, tu seras accueilli, on te fera la bise et on te présentera à quelqu’un que tu ne connais pas.

Le Social Bar a conceptualisé une manière d’accueillir les clients, une méthode pour se rencontrer. Et le jeu est un outil utilisé en permanence. En « guest star » des soirées, il y a la boîte à défis. Le principe est simple mais terriblement efficace : une boîte, des papiers et des défis comme « Social Joke – Raconte une blague à un.e inconnu.e », ou « Free your hugs – Ce monde a tant besoin de tendresse, offrez 7 free hugs à des inconnus ».

Barbel, un défi de la boîte

Le jour où je fais l’interview de Renaud, il y a Tindy qui co-worke. La veille, elle a été le binôme d’un des défis. « Barbel – Tu dois parler ta deuxième (ou troisième) langue avec un inconnu dans la salle pendant au moins deux minutes ». Mélissa, 25 ans, tire ce défi pendant le « goûter de la convivialité » et tombe sur Barbel. Un peu embêtée, elle explique que le chinois est sa 2ème langue. Et comme, il y a un peu de magie au Social Bar, Tindy parle aussi chinois. Ces défis sont des générateurs « d’imprévisibles », « de rencontres anticonformistes ».

Ce sont des prétextes pour aller voir quelqu’un.

Dans la liste des jeux, il y a également le « Chifoumi géant », où ça commence à deux et ça finit avec tout le bar ! « Tu vas voir quelqu’un, tu te présentes, tu lances un chifoumi en 2 victoires gagnantes. Le perdant ne reste pas inactif, il encourage le gagnant qui a re-convoqué une nouvelle personne. Et ainsi de suite, jusqu’à la fin. Au final, il n’en reste plus que 2 et le bar est séparé en 2 équipes qui encouragent à la voix, son poulain. »

Jouer le prix de sa consommation au dé. Mais c’est un inconnu qui lance le dé. Danser comme « Saturday night fever » à 20h un mardi soir. Chanter à s’époumoner. Demander à quelqu’un de nous accrocher une sorte de petit poisson dans le dos avec nos préférences sous forme de hashtag comme notre ville préférée ou notre concert fétiche. Ecrire des poèmes. Jouer à « Tu me tiens par la barbichette ». C’est le quotidien de ce bar pas comme les autres.

Et ce laboratoire de la convivialité se renouvelle sans cesse. « Hier, on a lancé le Social Talent Show. Je désigne un ou deux clients pour dénicher le talent du bar. Au final, il y en avait trois : un qui a chanté en chinois, un autre qui savait faire des bruits de jungle avec sa bouche, et enfin un qui a compté avec ses doigts jusqu’à 31. »

Dans quelques semaines, le Social Bar va tenter de renouveler la diffusion des matchs de foot.

On ré-invente les soirées foot !

L’objectif est de regarder du foot différemment. En effet, lorsqu’on va dans un bar visionner un match, on demande aux gens de regarder simplement. Quelques cris, quelques « putain » ou « allez, allez », quelques chants de supporter, mais rien d’autre. Au Social Bar, on pourra commenter le match, se prendre pour Julien Lepers et lire la fiche wikipédia d’un joueur à la 1ère personne, faire des devinettes et rendre hommage à son joueur fétiche. Première le 2 avril !

A la fin de l’interview, on se dit que le meilleur co-patron de ce bar, c’est sans doute le jeu !

Venir au Social Bar !
25 Rue Villiot – 75012 Paris
M° Bercy, Gare de Lyon

Crédit photo : Le Social Bar

Isa
À propos de l'auteur

Dite le petit futé de BEJOUE, elle aime les histoires de jeux et de gens, les enquêtes de terrain au pied de son immeuble, et la moquette dans les pubs.

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