Comment je me suis (pas encore) incrusté chez Jean-Luc Reichmann ?

Jean-Luc Reichmann, c’est le roi du jeu télévisé : Jeux sans frontières (1998),  Les Z’amours (1995-2000), Attention à la marche ! (2001-2010), Les Douze Coups de midi (depuis 2010). Notre pote Martin n’a pas la télé et pourtant, il a tenté de s’incruster dans le petit écran à midi. Il nous raconte son casting entre zumba, culture G et  fonétic otorizé.

 

« Comment se faire de la thune facilement ? » Tout vient de là. Le nerf de la guerre.

N’étant ni un braqueur de banque, ni un inventeur d’application Apple, je me suis rabattu sur une idée un peu bête, j’avoue, mais accessible et fun : les jeux télévisés !

Maintenant, il faut trouver quelque chose facile et efficace. France télévisions, c’est trop compliqué et je ne veux pas gagner un dico…

Après réflexion, le compromis est trouvé. Par élimination, me voilà à googler « CASTING ATTENTION A LA MARCHE ».

N’ayant pas la télévision, je découvre que l’émission s’appelle désormais « Les 12 coups de midi » mais à part les Petits Potes violets, le principe reste approximativement le même.

Après un petit échange de mail très rapide, le RDV est pris un vendredi après-midi à la Plaine Saint Denis, la Mecque des studios télé.

Welcome to Endemol.

14h30, on est une vingtaine à attendre, parité approximativement respectée.

Deux jeunes gens, parité respectée totalement, viennent nous chercher et nous emmènent dans une grande salle, qui résonne, remplie de chaises. Ils nous expliquent comment ça va se passer :

  • d’abord, remplir une fiche de présentation (comme au lycée, y’a même « Profession des parents » promis !)
  • ensuite, questionnaire de culture G
  • et enfin, présentation orale devant tous les autres potentiels futurs candidats, pour voir si tu es à l’aise pour parler devant d’autres gens.

Les deux personnes qui t’expliquent tout ça, débordent follement d’énergie. C’est même trop. On les croirait vraiment défoncés au Redbull, mélange coke. Ce sont deux GO du Club Med, deux profs de zumba, ils enchaînent vannes / consignes, en sautant partout (ce qui, je l’avoue est assez communicatif). Ils sont en équilibre entre trop à l’aise et mal à l’aise. Efficaces les assistants casting !

Bref, la fiche de présentation est remplie.

Assez banale finalement : date de naissance, téléphone, adresse, profession, et signature. Ils annoncent quelques instructions pas inintéressantes : il faut savoir qu’il est interdit de remporter ton casting si tu as fait dans les 6 mois précédents, un jeu télévisé. Un mec, à ma gauche, raconte qu’il a gagné 90 000 € en février à Money Drop. Pire que moi, le mec…

Questionnaire culture G : 50 questions, 8 minutes, orthographe fonétic otorizé, « à la télévision, l’orthographe n’existe pas » dit notre accompagnateur.

J’ai fait 24 / 50, mon voisin 12 / 50, on corrige chacun la fiche de son voisin. (On se fiche un peu de savoir si tu sais bien, ou pas, répondre aux questions – SPOIL ALERT : la preuve, mon voisin sera sélectionné).

Face caméra.

Les deux GO sortent une caméra, il faudra passer devant les autres anonymes, et raconter ce que tu fais dans la vie, ce que tu aimes, une anecdote (« mais pas sous la ceinture, l’émission passe à midi ») et surtout : le sourire, la patate. Le tout en une minute.

Je ne sais pas si c’est tout le temps le cas, mais là, environ 20% des gens présents étaient à la retraite et 50% à la recherche d’un emploi. Sacrée France !

Pour ma prestation, je parle de mes tatouages à la con, de mon taf de libraire que j’adore, et du fait que je n’ai pas la télé (ça a bien fait rire ça), tu as 1 minute donc il faut aller au principal. On essaie tous d’être drôle (un vieux fait même une charade) parce que ce qu’ils cherchent, c’est l’originalité et on l’a tous pigé.

Les tatouages de Matin sur ses orteils, amour, haine.

Tout le monde est passé, c’est la pause. Les gens sont plus à l’aise, ça fume, papote, prend des cafés, bonne ambiance : « C’est votre premier casting ? ». Les deux casteurs lisent les feuilles, prennent des notes, selon j’imagine des critères à la TF1.

Sur les vingt personnes, il n’en restera que cinq. Une seule fille, cette fois-ci. J’en suis, et donc mon voisin aussi. Le vieux qui fait des charades est encore là et le dernier type est magicien. On est relativement télégéniques, je crois.

Paperasse et cie.

Les 15 autres repartent dans l’anonymat. On est entre nous. Et c’est l’heure de la paperasse. Tu remplis une géante feuille double, où tu réponds à des questions types « Que pensent tes amis de toi ? », « Si tu avais un vœu à faire réaliser par un génie », « Quelles sont tes qualités ? Tes défauts ? » ou encore « As-tu des animaux ? ».

Tu sens qu’ils sont à la recherche du souvenir croustillant, pour leur audimat à la con.

Je suis assez fun sur ma feuille… Mon idole ? Gaspard Noé.

Ton souvenir le plus bizarre ? Passer ce casting.

J’invente même une anecdote de toute pièce, comme quoi je suis resté enfermé dans le métro 35 minutes… histoire d’avoir un truc à dire.

Tu termines ce questionnaire sur tes disponibilités de planning pour le tournage.

Il faut savoir qu’ils tournent, juste à côté de la salle de casting, cinq émissions par jour ! Du coup, il y a des sessions de tournage où ça s’enchaine assez intensivement mais au moins, c’est fait et Reichmann est potentiellement libre pour le reste de son temps…

En parallèle, dans une salle à côté, cette fois-ci en solo, face caméra, nos 2 hyperactifs te posent des questions sur toi, il faut être à la cool, grave à l’aise, charmeur, souriant et très actif, comme eux. Ça dure 8 minutes et tu termines sur 20 questions. A l’oral, balancées assez rapidement, les questions ne sont pas complexes, mais le ton rapide est stressant. Tu perds un peu tes moyens j’avoue.

« On montre ça à notre directrice de casting, on te rappellera… ou pas ! Merci ! »

Voilà, c’est fait.

Dans mon métro du retour, pendant un petit moment, je doute. Je me dis que si je le fais, je peux tout de même risquer un gros bad buzz, voire une apparition au Zapping.

Et puis quoi ? Franchement, yolo. De toute façon, c’est fait.

J’écris mon article deux bons mois après, et ils ne m’ont toujours pas rappelé… Je le prends mal ou pas ?

Crédits photo : Télé Star et Gilbert Tatoo 2000

Martin
À propos de l'auteur

Arbitre impartial de Loto, il ne dit jamais non à un Trivial Pursuit, un blindtest ou un UNO, et adore secrètement les Pog.