Profession : escape (g)room

Sujet ludique le plus exploité en 2016 par les médias, on connait presque tout des escape game :  récits d’amis, de familles, de collègues enfermés pendant 1h, classements des meilleurs, marché prometteur… Mais que sait-on de ceux qui sont derrière l’écran, qui nous regardent résoudre des énigmes, hurler des chiffres et ouvrir des boites ? Immersion dans The Box.

 

L’escape groom

J’ai testé l’escape room The Box et je vais vous dire : j’ai passé un très bon moment, plein de surprises. Le pitch : démanteler le Cartel de Mexico, avant l’arrivée du boss. Comme dans toutes les escape game, il s’agit de passer 1h, enfermé dans une pièce, à plusieurs, à résoudre des énigmes afin de sortir le plus rapidement possible. 

Escape Room The box - Journal et balance

Et j’ai aussi testé The Box de l’intérieur. A la façon d’une guide de l’ONISEP ou d’une fiche Pôle emploi, telle une conseillère d’orientation impliquée, dévouée et moderne, j’ai voulu vous parler d’un autre job, celui qui fait que l’expérience de jeu fonctionne, celui que j’ai décidé d’appeler : l’escape groom.

Observer des gens enfermés dans cet espace, les écouter, analyser leurs comportements telle une grande psychologue de comptoir et voir comment ils sont guidés. Après quelques sessions inside, j’ai pu décrypter les missions de ce maître du jeu des temps modernes.

 

Un maître du jeu qui n’a pas le droit à l’erreur

Comme dans les jeux de rôle, c’est le maître du jeu qui guide la partie. Posté devant 2 écrans, quelques boutons et un clavier, un casque sur les oreilles, il va suivre pendant tout le temps de la partie, ce qui se passe à l’intérieur. Et l’expérience était à la hauteur de mes espérances.

L’important, c’est de savoir jauger correctement à quel moment il est nécessaire d’aider les participants, de leur donner un indice, de les aiguiller vers une piste ou s’il est préférable de les laisser chercher seuls. Pourquoi les aider ? Car, au bout d’un moment, si les participants bloquent, ils ne pourront pas avoir accès à l’ensemble des énigmes. Toutefois, attention à ne pas tomber dans l’excès de vouloir tout contrôler en les accompagnant trop. Comme dirait Marc de The Box :

On n’est pas dans les SIMS !

Mais ici, par de problème on sait jauger ! L’objectif est que l’immersion des participants soit totale. On peut intervenir, mais de façon subtile et maline, et bien évidemment, dans le cadre d’un rôle complètement intégré à l’histoire. Et ça fonctionne.

A chaque minute, on se prend au jeu, tantôt impressionnés par la rapidité d’exécution des joueurs, tantôt amusés par leurs idées, leurs blagues, parfois étonnés par leurs interactions. C’est un terrain d’étude sociologique assez génial.

Alors attention, d’une salle à l’autre, vous n’aurez pas le même suivi. Parfois, un maître des jeux jongle entre plusieurs salles.

Une fois la partie terminée, l’E.G. doit également remettre en place le « terrain de jeu ». Et pour cela, il faut être méticuleux, avoir une vraie méthode, une check-list détaillée pour ne rien oublier. La moindre erreur pourrait faire basculer toute l’expérience de jeu !

 

Compétences requises

Pour ceux qui voudraient se reconvertir en Escape Groom, il n’existe pas d’école, à part celle de la vie.

Toutefois, pour réaliser cette mission, il faut :

[list-ul type= »check »][li-row]De la créativité : pour pouvoir s’adapter et s’insérer au maximum au jeu – voire  être un peu comédien. D’ailleurs, dans certaines escapes room, notamment au japon, notre E.G est carrément avec les joueurs, dans la salle.

[/li-row][li-row]De la concentration : il faut être attentif aux gestes et paroles des joueurs, analyser où ils en sont dans la partie, ce qui leur manque, si ils sont agacés  de stagner, ou au contraire si ils sont en train d’avancer seuls.[/li-row][/list-ul]

[list-ul type= »check »][li-row]De l’empathie : il s’agit de se mettre à la place des joueurs, d’analyser les interactions, de comprendre ce qui pourrait favoriser une bonne expérience de jeu.[/li-row][/list-ul]

[list-ul type= »check »][li-row]Etre méticuleux : pour bien remettre en place le terrain de jeu après le passage d’une équipe, pour donner les bons conseils en début de partie.[/li-row][/list-ul]

 

Des briefs et débrief

thebox-chaines

 

L’important, c’est de communiquer !

À chaque début de partie, notre escape groom pose des questions à l’équipe, sur leur niveau de connaissance du concept et donne les consignes de jeu. Un moment important pour les joueurs, qui vont apprendre notamment que l’important, c’est de communiquer.  Ce moment permet à notre E.G de jauger le niveau et adapter son accompagnement pendant la partie.

À la sortie, il y a un débrief. L’E.G qui a suivi toute la partie, et qui a suivi d’autres équipes, est en mesure de dire précisément quels étaient les atouts de l’équipe, pourquoi il y a eu des soucis, et est très à l’écoute des retours des joueurs !

 

 

Psychologie de comptoir

Bouteilles de téquila - the box escape room

 

On ne va pas se mentir, cette expérience met en lumière les comportements humains, et c’est assez rigolo. Voici donc une petite liste de profils de joueurs issues de mes années d’études des joueurs d’escape room (ou pas) :

**Le bon élève : celui qui sait qu’il est filmé et qui montre qu’il respecte bien les règles
**Le collectif : celui qui aide ses copains, qui communique et qui a vraiment envie qu’ensemble ils sortent de la pièce rapidement
**Le défaitiste : celui qui répète qu’on est nul et qu’on y arrivera jamais
**Le maître du temps : celui qui est obsédé par l’horloge et le temps qui passe
**Le maniaque : celui qui défait, mais qui range derrière, c’est aussi celui qui range méthodiquement tous les indices trouvés
**Le bordélique : celui qui retourne tout
**Le comique : celui qui passe son temps à faire des blagues à ses copains – et aussi au maître des jeux.
**Le bourrin : celui qui va détruire le décor, malgré les consignes. Pour lui, pas de doute, c’est en forçant qu’on y arrivera. Il casse parfois des trucs, donc.
**L’hystérique : celui qui crie dès qu’il entend un bruit
**L’autocentré : celui qui voudrait tout faire tout seul, quitte à laisser ses copains seuls enfermés dans la pièce.

En tout cas, un grand merci à Marc et William de l’escape room The Box pour leur accueil et leur sympathie, et pour m’avoir donné la possibilité d’être de l’autre côté. J’ai aimé, j’ai ri et j’ai hâte de découvrir leur prochaine pièce ! 

Jouez à  The Box !

Crédit photo : The Box

Coralie
À propos de l'auteur

Dite la curieuse de BEJOUE, elle aime fouiller les internet pour trouver des pépites, les histoires de chouette, les jeux de mots et le papier cadeaux.