Serious Beer Pong

Du jeu à boire à l’opération de communication d’un futur présidentiable, le Beer Pong s’est imposé en France. Décryptage de ce concept avec Steven et Robin, jeunes créateurs de CUP PONG, une entreprise qui n’a pas la gueule de bois.

Le 30 janvier 2016, pendant que les verres à bière débordaient au Corcoran’s Irish Pub du Sacré Coeur, Twitter était inondé de petites phrases comme « Le boss du beer-pong, c’est @alainjuppe ! #JeunesAJ ». A priori, il n’y a pas besoin d’être passé par l’École Normale Supérieure, l’Institut d’Études Politiques ou encore l’École Nationale d’Administration pour jouer au Beer Pong. Selon Wikipédia, le principe est simple : « Le bière-pong est un jeu à boire américain dans lequel les joueurs doivent lancer une balle de ping-pong à la main sur une table dans le but de la faire atterrir dans l’un des 6 ou 10 verres à bière à l’autre extrémité ».

Aux États-Unis, les tournois de Beer Pong rapportent déjà des millions de dollars. En France, ce nouveau sport a envahi les universités et aujourd’hui, il se professionnalise : Beer Pong France, Fédération française de Beer Pong, ou encore Cup Pong. Ces nouvelles institutions organisent des tournois et rassemblent beaucoup de participants. Steven et Robin fonctionnent avec un établissement partenaire par ville auquel ils proposent « une soirée décalée et originale attirant une clientèle jeune et dynamique, principalement étudiante ». Leurs partenariats avec les bars ou les restaurants s’installent dans la durée, avec plusieurs événements par mois tout au long de l’année. « Nous avons su créer un système de tournoi qui nous permet d’accueillir plus de 250 participants par événement ». Et la recette marche ; ils organisent de nombreuses soirées à Chambéry, Grenoble, Lyon, Valence et Toulouse.

Il est définitivement loin le temps où Valérie Pécresse voulait interdire ce nouveau passe-temps étudiant. Les organisateurs de Cup Pong revendiquent le côté « bon enfant » de ce tennis de table non homologué :

Nos règles sont plus basées sur le côté ludique du jeu et moins sur l’alcool : les participants peuvent choisir de jouer avec du soft plutôt que de la bière et il n’y a aucune obligation de boire les verres perdus. Le but étant de ne pas pousser à la consommation, mais d’installer une ambiance cool entre les participants.

L’ambiance est détendue certes, mais on ne plaisante pas avec les règles. « Direct », « kangourou », « jumeaux » ou « hardcore », ce sont les tirs autorisés par la direction de Cup Pong.

Aujourd’hui, Steven et Robin jonglent entre leur vie d’étudiants et leur vie d’entrepreneurs. « Faire de la communication la journée, remplir des gobelets de bières le soir et rouler la nuit pour rentrer dormir (mini-sieste) avant les cours du lendemain matin à 8h », voici le programme bien chargé de ces spécialistes de la petite balle en plastique. Enfin presque…ils nous expliquent qu’un jour le mythe « de super joueurs » s’est effondré : « Un jour de plus faible affluence, on se laisse tenter par un match amical. Le résultat est sans appel, défaite des organisateurs 6-0, on aura lancé qu’une fois la balle ». Un peu comme Alain Juppé ? La performance de l’homme politique amuse nos deux « cuppers » : « Il voulait à la base faire le déplacement en province du côté de Grenoble pour un tournoi, mais on lui a conseillé de se faire la main sur une petite soirée parisienne avant de venir affronter nos champions. Une petite tendinite au coude va l’éloigner des tables quelques semaines, mais on espère le voir jouer d’ici la reprise printanière ! »

En attendant que des tournois nationaux soient organisés en France, Steven et Robin souhaitent « bien continuer à faire ce que nous faisons de mieux : amuser les gens. Mais nous voulons amuser encore plus de gens. Peut-être que d’ici quelques années on amusera tout le pays ! » Et peut-être que d’ici quelques mois, il y aura un Ministère du Beer Pong.

Et si les fondateurs de Cup Pong étaient un jeu :

« Nous sommes adeptes du « ventriglisse », jeu d’une simplicité enfantine qui consiste à glisser sur le ventre sur une surface après une course d’élan plus ou moins longue. Cela se joue en intérieur ou en extérieur, avec ou sans savon ! »

Chez BEJOUE, on adore aussi le ventriglisse.

Le site de Cup Pong

Crédit photo : François Lafite

Coralie & Isa
À propos de l'auteur

Coralie est la curieuse de BEJOUE, elle aime fouiller les internet pour trouver des pépites, les histoires de chouette, les jeux de mots et le papier cadeaux. Isa est le petit futé de BEJOUE, elle aime les histoires de jeux et de gens, les enquêtes de terrain au pied de son immeuble, et la moquette dans les pubs.