ExistenZ : une soirée, des neurones et plein de post-it

On a testé ExistenZ. Clairement, ça ne va pas devenir la tendance des soirées parisiennes mais c’est certainement le meilleur moyen de rentrer chez soi en ayant l’impression d’avoir donné du sens à notre existence. Retour sur 4h d’une approche ludique pour écrire un nouveau contrat social.

 

ExistenZ, la soirée dont nous sommes les héros

Au milieu d’une avalanche d’événements Facebook aux titres plus ou moins accrocheurs comme « Mon Cul Est Une Autoroute Du Soleil », BEJOUE a été attiré par « ExistenZ, la soirée dont nous sommes les héros« . En amoureuse de Daniel Balavoine, j’ai fredonné : « Je ne suis pas un héros ». J’ai pensé ensuite à ces livres de poche où tu devenais un lecteur-actif de l’histoire, effectuant des choix, passant de la page 1 à 19, de 19 à 45, en un claquement de feuille. Et en amoureuse de Moby, j’ai finalement dit « Go ». Un clic et le pitch. « Construisons ensemble un nouveau contrat social ». Rien que ça !

Les partenaires de la soirée ExistenZ

Jean-Jacques Rousseau sur une pelouse synthétique

Arrivée à la Belleviloise à 19h. Les 36° à l’ombre n’ont pas effrayé les participants. On fait la queue devant l’entrée de la Grande Prairie, sorte de terrasse d’intérieure, ambiance mi-jungle/mi-plage sponsorisée par Grolsch. Les organisateurs d’ExistenZ portent des tee-shirts bleu. Ils sont nombreux. Je donne mon nom. « Ambassade Gestion de l’Espace et des Ressources ? » me demande-t-on. « Oui, c’est ça ». Un tour au bar et je cherche où m’asseoir. Je scrute les gens, leurs bracelets symboles de la team choisie. A chaque coin de l’espace, des panneaux indiquent le nom des ambassades. A l’abri d’une toile de tente, je découvre mon équipe au poignet doré.

Les participants d'ExistenZ dans la Grande Prairie

Aspirations / Inspirations

Je discute avec une étudiante en développement international qui hésitait entre notre ambassade et celle des « Interactions mondiales« . Plus tard, elle aimerait travailler sur les questions de migrations liées au dérèglement climatique, les réfugiés écologiques, la catastrophe à venir. Sa jeunesse et sa douceur tranchent avec un homme plus âgé qui lui « en a Marre » avec un grand M ». Il parle tour à tour des médias qui nous trompent, de TF1, de solutions simples à mettre en place, de gaspillage alimentaire, de culture du chanvre, d’économies,…Il y a aussi cette quarantenaire venue pour réfléchir, pour faire sa part : « Les gens n’arrêtent pas de se plaindre mais ils ne font rien. C’est typiquement Français ».

Chacun est venu pour des raisons différentes mais tout le monde est venu pour vivre une expérience.

Intelligence collective

Personne ne sait exactement comment ça va se passer. Un organisateur prend le micro, et remercie les héros d’être là. Les héros, c’est nous et de nouveau, je fredonne dans ma tête Balavoine. « Nous sommes là pour expérimenter les méthodes d’intelligence collective et écrire un nouveau contrat social » harangue cet apprentis présentateur. Il invite les ambassadeurs à tour de rôle sur scène : Mélissa PETIT pour L’Inter-génération et le Temps, François TADDEI pour L’Activité, la Créativité et l’Éducation, David KIBLER pour Les Interactions Mondiales, Emmanuel LETOURNEUX pour La Participation Citoyenne, Marielle FRICK pour La Paix, le Bonheur et le Bien-être, Frédéric BARDEAU pour La Réalité Virtuelle & Internet. Ce sont tous des spécialistes dans leur domaine. Ils viennent de la société civile, sont encourageants, plutôt optimistes, plutôt réalistes. Ça fait du bien !

 

Du vert dans l’atmosphère

Au micro, je suis particulièrement attentive à Vaia TUUHIA, la mère-nature de notre ambassade, Gestion de l’Espace et des Ressources. Elle parle de « réchauffement climatique », de « problèmes de ressources », de « gaspillage », de « flux », de « stock », de « responsabilité », « d’intérêt général ». Un peu babos, en train de siroter une citronnade allongée sur cette pelouse synthétique, je me dis soudainement que j’aurais dû choisir le ministère du bonheur et du bien-être, moins anxiogène peut-être !

 

C’est parti !

En groupe, on allait donc jouer à être, non pas le nouveau Jean-Jacques Rousseau, non pas un héros des temps modernes, mais bien des citoyens qui réfléchissent et qui posent ensemble les principes fondateurs de la société de demain.  Sur chaque table, des post-it, des stylos, et surtout des cerveaux en ébullition. Chacun des participants a une approche différente. Il y a les « action man », ceux qui veulent parler directement des solutions, les « rêveurs », les « cartésiens »…et au fond, il y a surtout des gens qui veulent que ça aille mieux ! Notre facilitatrice Julia (personne qui facilite les échanges) nous le rappelle régulièrement :

Le but est d’élever le débat, de poser les bases d’une société équitable.

On inscrit des mots-clés, on les articule : « macro », « micro », « besoins », « cercle vertueux », « gestion efficiente », « recyclage », « économie », « nature », « vivre ensemble », « égalité », « répartition », etc. Dans un second temps, on dégage des grandes idées.

Des participants réfléchissent aux grands principes du contrat social

Et le résultat ?

La relation de l’humain à la nature ne peut changer qu’avec un égal respect du vivant animal, végétal, minéral et humain.

Garantir l’accès des ressources à tous.

Avoir du temps et un revenu suffisant pour explorer nos centres d’intérêts.

Prendre le temps d’être émerveillé.

L'application STIG et les grands principes

 

On peut se dire qu’à première vue, on n’a pas révolutionné le monde. Et pourtant, si nos dirigeants revenaient régulièrement aux fondamentaux, on serait certainement plus confiants en l’avenir. Et puis, l’expérience était belle. BEJOUE reviendra certainement à une soirée ExistenZ, peut-être avec vous ?

Pour suivre, voter et faire des propositions avec STIG, une app de démocratie participative.

Découvrir 22ème siècle, une agence qui crée ExistenZ, et d’autres événements expérimentaux.

Crédit photo : 22ème siècle, Marie-Cécile Huo, Vincent Laurent

Isa
À propos de l'auteur

Dite le petit futé de BEJOUE, elle aime les histoires de jeux et de gens, les enquêtes de terrain au pied de son immeuble, et la moquette dans les pubs.